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Parce que ta valeur va bien au-delà de ton apparence!

Par Weena Beaulieu, Dt.P.
Nutritionniste

Rentrée scolaire rime souvent avec stress et appréhensions. Peu importe leur âge, nos enfants vivent toute sorte d’émotions, positives ou négatives, pendant ce moment de l’année tant attendu.  

Je me souviens très bien de mes rentrées scolaires de la fin du primaire et du secondaire. La visite chez la coiffeuse, le magasinage de nouveaux vêtements, d’un nouveau sac, d’accessoires. Bien que souvent nécessaires, ces achats avaient aussi un objectif précis. Timide et réservée, je n’aimais pas du tout le reflet de mon image dans le miroir. Tous ces nouveaux achats servaient donc à répondre à mon objectif d’être parfaite et de me sentir belle. Je me disais que si j’étais très jolie, les gens m’apprécieraient davantage. Mon estime de moi était basée, en grande partie, sur ma perception de mon image, de mon corps, particulièrement de mon visage.   

 À ce moment, je ne réalisais pas que ma valeur, n’avait rien à voir avec mes nouveaux « kit » de vêtements, mes nouvaux cheveux bouclés (hé oui, une permanente!) ou encore mon nouveau sac. Je ne comprenais pas non plus que la façon de m’apprécier davantage et de me percevoir tel que j’étais vraiment se trouvait bien plus profond en moi et plus près, autour de moi.  

maman aimeDepuis un moment, j’ai compris. Aujourd’hui, je ne marche plus en regardant le sol et je peux dire que je m’apprécie telle que je suis (sans permanente et avec mes cheveux blancs! ) et je souhaite de tout mon cœur que mes enfants ne passent pas par le même chemin que moi. Bien que ce soit mon souhait le plus cher, je suis consciente que mon conjoint et moi ne sommes pas les seuls acteurs qui influenceront le parcours de nos enfants. Comme vous, chers parents, nous serons là pour les soutenir et tenter de les influencer le plus positivement possible. 

 

L’IMAGE CORPORELLE ET L’ESTIME DE SOI… UNE RELATION PARFOIS AMOUR/HAINE.

L’Image corporelle

L’image corporelle se définie comme étant la perception que j’ai de mon propre corps et ce que je crois que les autres en pensent. Cette perception est parfois loin de la réalité.  

J’ai une image corporelle positive si, entre autres, je vois mon corps tel qu’il est et que je l’accepte peu importe ses formes. Je traite mon corps avec bienveillance et j’en prend soin.  

J’ai une image corporelle négative si, entre autres, je porte des commentaires négatifs sur mon corps ou des parties de celui-ci et que je souhaite le modifier. Me regarder dans le miroir ou penser à mon corps me procure un malaise. En d’autres mots, je n’apprécie pas mon corps.  

L’estime de soi

L’estime de soi s’interprète comme la perception consciente de ma propre valeur, c’est-à-dire la reconnaissance de mes forces et faiblesses et ma capacité à les accepter. 


Plus j’accepte mon corps et ses formes (image corporelle positive), plus il est probable que je ressente un état de bien-être et lorsque je pense à moi, globalement.  

Moins j’apprécie mon corps et ses formes (image corporelle négative), moins il est possible que je ressente un état de bien-être lorsque je pense à moi, globalement. Je ressentirai plutôt des émotions désagréables.  

C’est simpliste comme explication, mais cela représente bien la relation entre l’image corporelle et l’estime de soi.  Une image corporelle positive participe, entre autres, à une estime de soi solide.  À l’inverse, une image corporelle négative peut contribuer, avec d’autres aspects, à une faible estime de soi.  


 NOTRE RÔLE BIENVEILLANT

main dans la mainDès la petite enfance, l’image corporelle commence à se construire.  Celle-ci se construit sous le regard des autres, c’est-à-dire les parents, la famille, les intervenants-clé qui gravitent autour de nos enfants et les pairs, soit les autres enfants, les amis, les cousins, etc. 

En tant que parents, nous sommes des modèles et notre influence est grande. Il importe donc de réaliser que nos mots, nos comportements, nos attentes envers eux les influencent grandement. Ce sont de petites éponges qui souhaitent, parfois inconsciemment, imiter chacun de nos gestes et chacune de nos paroles.     

Évitons de porter un jugement sur notre poids ou sur celui des autres.  

Sans le souhaiter, nous fixons parfois des attentes irréalistes face à notre poids ou à celui des autres et sans le souhaiter, cela peut conduire nos enfants à croire que c’est ce que nous attendons d’eux…   


  • Maman:  
    « Non merci, pas de dessert. J’ai « engraissé » pendant le confinement, ça m’énerve et j’ai décidé de maigrir. »
  • Pensées d’enfant:  
    Le dessert fait « engraisser ». Prendre du poids ne semble pas intéressant, ça agace maman. Peut-être que je ne devrais pas manger de dessert même si j’aime ça pour éviter que ça m’arrive. 

  • Papa:
    « Ayoye, regarde-le, il est si fort avec ses gros muscles. »  
  • Pensées d’enfant:
    Papa l’a dit, je devrais avoir de gros muscles comme ça pour être fort et l’impressionner.    

  • Maman:
    « Elle est si mince et si jolie depuis qu’elle a fait sa diète pour perdre du poids. »   
  • Pensées d’enfant:
    Maman l’a dit, on est jolie quand on est mince. Je devrais peut-être surveiller ce que je mange pour rester petite.  

En somme, il est souhaitable, particulièrement devant les enfants:  

  • D’éviter de porter un jugement sur notre corps;
  • D’éviter de porter un jugement, même positif, sur le poids des autres, afin d’éviter de mettre l’emphase sur l’apparence; 
  • D’éviter d’établir des liens entre les aliments, le corps et le poids afin que les enfants préservent le plaisir de manger avec leur cœur et non leur tête.  

VALORISONS NOS ENFANTS AU-DELÀ DE L’APPARENCE

Les bases de l’estime de soi de notre progéniture doivent être solides et ne pas reposer uniquement sur l’image corporelle. Nos enfants, nous les aimons, les apprécions, les respectons et il importe de les valoriser pour bien d’autres aspects que l’apparence. 

Misons sur les compétences, les réussites et les qualités! Nos renforcements positifs sont les briques qui construisent une base solide de l’estime de soi. Plus nombreux ils seront, plus forte sera leur estime personnelle 

  • Bravo! Tu attaches tes chaussures comme un chef. 
  • Tu respectes les consignes comme une championne, je suis fière de toi.
  • Ah! Ce grand sourire, c’est mon rayon de soleil pour la journée. je mange avec mon coeur
  • Tes dessins de monstres sont monstrueusement beaux. Quel artiste!
  • Merci de m’aider à mettre la table, tu es très serviable. C’est une belle qualité. 
  • J’aime être avec vous, nous avons passé une magnifique journée en famille. 
  • Tes massages sont si doux. J’en prendrais tous les jours.  
  • Tes colleux! Ça me réchauffe le cœur à chaque fois. 
  • Je t’aime tellement qu’il n’existe pas de mot pour le dire. 
  • Ton enseignante m’a dit que tu es toujours prête à aider les autres. L’entraide est une merveilleuse qualité. 
  • J’apprécie vraiment quand tu m’aides à faire la vaisselle. Ton aide m’est très précieuse.  

Bien entendu, cela ne signifie pas de ne jamais dire à votre enfant qu’il a des yeux bleus comme le ciel, que sa robe rayée lui va à merveille, qu’il est beau comme un cœur et que vous adorez sa petite tête frisée. Le but de mon propos est de mentionner que nos compliments, encouragements, renforcements ne doivent pas reposer uniquement sur des éléments liés à l’apparence.  

POUR UNE IMAGE CORPORELLE POSITIVE

  • Discutons avec notre enfant des changements corporels qui surviendront à l’adolescence. Il est plus facile de comprendre et accepter ces changements si votre enfant est conscient qu’ils arriveront, mais surtout qu’ils sont normaux.  

     

  • Mettons de l’avant les réussites, les compétences, les qualités de notre enfant 
    La valeur de nos enfants va bien au-delà de leur apparence.  

     

  • Évitons tout jugement, positif ou négatif, sur le poids ou l’apparence de quelqu’un 
    Bien qu’ils puissent être positifs, ces commentaires contribuent à mettre l’emphase sur l’apparence et peuvent engendrer des préoccupations.  

     

  • Évitons de porter un jugement sur notre poids 
    Cela peut entraîner une préoccupation de notre enfant à l’égard de son poids.  

     

  • Valorisons les différents formats corporels 
    Nous sommes tous différents, c’est normal et nous valons bien plus que notre silhouette 

     

  • Amenons le plaisir de manger à table  
    Permettons à notre enfant d’arrêter de manger lorsqu’il n’a plus faim et de se servir à nouveau s’il a encore faim.  

     

  • Évitons de restreindre certains aliments ou d’exercer un contrôle sur l’alimentation de nos enfants.    
    Les liens entre le corps, les aliments et le poids ne devraient pas exister.  

PARENTS UN JOUR, PARENTS TOUJOURS

Gardons l’œil ouvert. Il est possible que la perception de notre enfant face à son apparence se trouve irréaliste à un moment de son enfance ou de son adolescence et qu’il développe une image corporelle négative. 

Quelques signes :  

  • Il semble contrôler son alimentation. Son attitude face aux aliments a changé;  
  • Il pose des questions sur les aliments, leur contenu nutritionnel ;
  • Il n’amène plus de collations à l’école; 
  • Il ne prend plus de dessert; 
  • Il a réduit ses portions;
  • Il mentionne parfois avoir faim, mais ne répond pas à sa faim en mangeant;
  • Il fait des recherches sur des diètes; 
  • Il s’entraîne beaucoup et semble s’obliger à faire de l’activité physique sans plaisir et souvent seul;  
  • Il porte des commentaires sur sa silhouette ou son poids et parfois sur celle des autres en se comparant.    
  • Il n’est pas rare que l’on note de la tristesse, de l’isolement, de l’irritabilité et même de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes qui souffre d’une image corporelle négative.   

Gardons en tête que même si nos enfants ne semblent plus écouter nos conseils ou ne plus avoir besoin de nous (lire ici l’adolescence), nous demeurons leurs piliers. Nous proposons des repères, nous sommes la souche de leurs valeurs et dans la mesure de nos limites, nous demeurons présents pour les soutenir.  

Il est possible que vous ayez besoin d’aide pour aborder cette situation ou que malgré vos essais, votre enfant ne semble pas aller mieux. Vous l’aimez, alors n’hésitez pas à demander l’aide d’un travailleur social ou d’un psychologue spécialisé avec les enfants et les jeunes. Il est essentiel de travailler les perceptions face à son propre corps, de déterminer les raisons qui mènent à ces perceptions et de renforcer ses compétences dans d’autres domaines. Ce peut être difficile à accomplir seul.  Demander de l’aide n’est pas un échec, mais un beau geste d’amour.  

Réduction à la sourceTu sais quoi? 
Je m’aime, moi aussi et
je nous le souhaite à tous.