Réduction à la source

J’aime la planète, dans mon panier, dans mon assiette.

Par 
Weena Beaulieu, Dt.P. 
Diététiste-Nutritionniste  

Ce n’est plus un mythe, d’immenses îles de plastique flottent sur les océans, des espèces de poisson sont menacées, nos ressources sont surutilisées pour l’élevage de bœuf et d’autres viandes que l’on consomme, etc. Bref, notre planète souffre et a besoin de chacun de nos petits gestes quotidiens. 

Je ne serai pas exhaustive dans les trucs et conseils que je présenterai dans ce texte. L’idée n’est pas de juger vos habitudes.  Sachez que j’ai encore moi-même du travail à faire sur beaucoup d’aspects. Je souhaite seulement semer des graines, c’est-à-dire de vous inviter à réfléchir aux trucs à intégrer à votre quotidien, et à d’autres que vous pouvez ajouter avec le temps. Je crois encore que nous pouvons chacun faire la différence.

MANGER MOINS DE VIANDE POUR LA PLANÈTE ET NOTRE SANTÉ

agriculture-animal-beef-248337La production de viande utilise d’énormes quantité de ressources pour sa production, en plus de contribuer grandement à la production de gaz à effet de serre dans l’environnement. La production de bœuf est la plus polluante de toutes. Je m’amuse à dire aux enfants que les « pets » de vache sont les plus polluants! Ça les fait rire et ça permet de leur expliquer qu’un des gaz contenu dans les flatulences de vache, le méthane, participe grandement au réchauffement climatique. Donc, plus on mange de bœuf, plus on contribue à ce qu’il y ait beaucoup de « pets » de vache que notre planète n’aime pas beaucoup. Rigolade et réflexion.  

Il est tout à fait possible de réduire sa consommation de viande en la diminuant de 2 à 3 fois/semaine, une avenue intéressante et peu contraignante. On peut s’inspirer du mouvement des Lundis sans viande pour se motiver. De plus, votre porte-monnaie s’en portera beaucoup mieux, car les protéines végétales ou les œufs sont moins chers que les viandes et la volaille. Pour divers trucs et recettes, voici un lien vers un ancien article de blogue « Des repas sans viande, bonne idée ».

Sachez que si vous ne vous sentez pas prêt à réduire votre consommation de bœuf, certaines options « carnivores » utilisent moins de ressources pour leur production et sont « un peu » moins polluantes. On parle ici du porc, du poulet et du poisson. Une option qui peut s’avérer intéressante pour débuter.

Nous sommes de grands consommateurs de viande et les portions de la population en général dépassent largement nos besoins. Débuter par une réduction des portions peut aussi être une solution moins drastique pour les plus carnivores.

 Dans un premier temps pour faciliter le changement, il est possible de: 

  • Réduire de 2 à 3 fois/semaine notre consommation de viande en les remplaçant par des protéines végétales ou des oeufs;
  • Troquez plusieurs portions de boeuf/semaine par des sources « un peu » moins polluantes;
  • Réduire nos portions de viande.

 

CHOISIR LES BONS POISSONS!

truite arc-en-cielLes poissons sont une excellente source de protéines pour remplacer la viande. Depuis toujours, les nutritionnistes recommandent d’en consommer au moins 2 fois/semaine. Cependant, il n’est pas toujours évident de faire des choix écoresponsables en matière de produits de la mer. Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin, l’Aquarium de Québec a développé un guide qui se nomme Menu Bleu Marin. Celui-ci vous présente les produits de la mer dont la capture ou l’élevage est la plus respectueuse de l’environnement afin de faire de meilleurs choix. Vraiment intéressant.

 

MANGER LOCAL, QUAND C’EST POSSIBLE!

Il n’estoverhead-view-of-beans_4460x4460 pas toujours possible de le faire à l’année, mais consommer les aliments des producteurs locaux, en plus de favoriser l’économie régionale, représente un avantage important pour la planète. Plus le circuit est court du producteur à l’assiette, moins sont importants les dommages causés par le transport des aliments sur notre environnement. De plus, les avantages de consommer des aliments frais, savoureux et nutritifs produits dans un modèle d’agriculture durable sont indéniables. 

À tout le moins, acheter des aliments du Québec, lorsque des produits de votre coin ne sont pas disponibles, représente un choix très judicieux. Produits chez nous, ils n’ont pas parcouru des dizaines de milliers de kilomètres avant d’atterrir au supermarché et dans votre assiette.

Recherchez ces nouveaux logos d’Aliments du Québec :   

 

 Aliments du QuébecAliments préparés au Québec

 

 

 

 

 

 


PRENDRE CONSCIENCE DES EMBALLAGES

En 2018, le recyclage ne suffit plus. Il y a un besoin criant de réduire notre consommation à la source et dans toutes les sphères de notre quotidien.

Au niveau de nos achats alimentaires, différentes options sont possibles. Tel que mentionné plus tôt, l’idée est de piger quelques éléments à mettre en pratique au quotidien et d’en ajouter au fur et à mesure que les précédents font partie de nos habitudes. La liste est courte et je suis convaincue que plusieurs d’entre vous sont rendus encore plus loin! Vous partagerez vos trucs avec nous.  

  • On achète le yogourt en grand contenant. Les contenants individuels ne sont pas recyclables.
    • En plus, c’est moins cher.
  • On utilise les gourdes.
    • Dehors les tetra pak de jus (ça évite les pailles en plus!), les bouteilles d’eau de plastique…
  • On cuisine le plus possible nos biscuits, nos muffins, etc. ou du moins, on évite les emballages/collations individuels.
    • Que de déchets!
  • On évite les sacs de plastique de type ziploc ou la pellicule plastique pour emballer les collations.
    • De petits plats de plastique ou autre que vous avez déjà ou de petits sacs en tissus imperméable avec fermeture éclair ou velcro en guise de « Ziploc » sont des alternatives.
      • Différentes compagnies québécoises produisent des petits sacs réutilisables en tissus.
  • On achète le moins emballé possible, le vrac devient notre ami.
    • Je suis consciente que ce n’est pas toujours évident de faire ce type de choix. Dépendamment de la région où l’on habite, l’offre de produits en vrac ou moins emballé n’est pas toujours disponible. L’idée est de faire le mieux avec ce qui nous est proposé.
    • Si c’est une préoccupation pour vous, il peut être possible d’en parler avec votre épicier(ère) si vous croyez qu’il/elle a de l’ouverture à ce niveau. Plus vous serez nombreux à le demander, plus grande sera la pression de changer les méthodes. 

RECYCLER/COMPOSTER/DÉCOUVRIR LA BIODIGESTION 

Recycler

bottles-careless-daylight-1353365Le recyclage existe depuis de nombreuses années. C’est un minimum qu’il est possible de faire lorsque nous avons le souci de réduire la quantité de déchets envoyés au site d’enfouissement. La réduction à la source, c’est-à-dire la réduction de nos propres achats/utilisation de plastique, emballage, bouteilles, matériel superflu, etc. devrait aussi faire partie de nos priorités pour tenter d’apporter notre soutien à la planète. 

 
Composter 

Bien que lePelures de légumess bacs bruns soient très répandus au Québec et qu’il est moins courant que l’on nous surnomme « grano » lorsque l’on parle de compostage, celui-ci ne fait pas partie des habitudes de tous. Dans mon coin, le territoire est très grand et la mise en place d’une 3e collecte (matières organiques) serait très coûteuse pour les municipalités et peu environnementale en considérant tout le pétrole utilisé pour les déplacements des camions. Il en revient donc à chacun de faire du compostage domestique. Bien que cela puisse sembler compliqué, ce n’est pas le cas. Parole de maman qui composte. De plus, vos enfants apprendront rapidement à faire le tri, c’est-à-dire à reconnaître ce qui va à la poubelle ou non et ce, même tout-petit.  C’est l’apprentissage d’un beau geste afin de contribuer à sauver la planète.  Ce guide simple du compostage vous présente simplement les rudiments de celui-ci. 

Le compostage, en plus de servir à réduire la quantité de déchets, produira un fertilisant pour vos pousses et votre potager au printemps.  

Informez-vous auprès de votre Régie intermunicipale de déchets ou de votre bureau municipal si vous souhaitez vous procurer un composteur. Il est souvent possible de s’en procurer auprès d’eux et ce, à des prix très abordables. Dans mon coin, le premier composteur par adresse civique est offert à demi-prix.  

Découvrir la biodigestion 

Comme il est peu probable que la collecte de matières résiduelles se mette en place dans mon coin, je n’arrivais pas à trouver de quelle façon je pourrais réduire le contenu de ma poubelle de tous les résidus organiques (restes de cuisine) que je ne peux pas composter actuellement.

Eurékâ! Une soirée à un atelier de compostage m’a fait découvrir la biodigestion. Ma fille de 10 ans et moi, avons fait la rencontre du Cône vert ce soir là.  Une invention canadienne (doublement intéressant) dans laquelle il est possible de déposer TOUT! Une solution plus qu’intéressante pour les régions où la collecte des déchets organiques n’est pas en place.

Cette méthode produit un compost qui ne peut être utilisé pour fertiliser les productions maraîchères étant donné que tous les déchets de cuisine y sont acceptés. Le compost recueilli peut cependant être utilisé pour les plates-bandes, arbres et arbustes.  

J’utilise mon cône vert depuis la fonte des neiges. Ça fonctionne vraiment bien. Aucune odeur le couvercle fermé, aucune vermine ou autre petite bête (j’habite pratiquement en forêt) n’a tenté de creuser autour.  Je peux maintenant démontrer à mes 3 enfants qu’il est possible, de façon autonome et domestique, de produire vraiment moins de déchets. Notre poubelle de cuisine et notre bac à déchets extérieurs sont maintenant beaucoup trop grands! 

Cône vert - Biodigestion

 

Voici ce qui est devenu mon nouveau meilleur ami. 

Et vous, quels sont vos méthodes pour réduire votre production de déchets dans la cuisine?