Saviez-vous que l’on peut définir le style que l’on utilise aux repas avec les enfants?

Eh oui! Trois styles alimentaires sont maintenant clairement définis, soit
le style autoritaire, le style permissif et le style démocratique.

Vous vous retrouverez surement dans l’un ou l’autre ou un peu dans tous les styles! Nous avons souvent tendance, comme parents, à piger des approches dans l’un ou l’autre des styles alimentaires qui seront définis!

Vous comprendrez à la lecture des prochains paragraphes que nous préconisons le style alimentaire démocratique!

À lire jusqu’au bout!

Le style AUTORITAIRE

Style autoritaire

Vous êtes-vous déjà surpris à utiliser ces phrases jugées bien anodines :

  • « Mange tous tes légumes si tu veux être fort comme Ironman! »
  • « Mange tes brocolis si tu veux avoir ton dessert! »
  • « Encore 3 bouchées avant de sortir de table! »
  • « Il faut tout manger, il y a des petits enfants qui meurent de faim dans le monde. »

J’ai un penchant autoritaire si je me reconnais dans ces approches :

  • J’ai l’habitude d’inciter mon enfant à terminer son assiette ou à manger tous ses légumes.
  • J’ai l’habitude de ne pas offrir le dessert lorsque mon enfant ne mange pas tout le contenu de son assiette ou encore ne termine pas ses légumes ou sa viande ou un autre aliment précis.
  • Parfois, je prive mon enfant d’un jeu ou d’un autre privilège parce qu’il n’a pas terminé son assiette ou ses légumes…
  • J’ai tendance à ne jamais offrir ou à n’offrir que  très rarement  des croustilles, des friandises, du chocolat ou autre aliment très sucré ou très gras à mon enfant, car je considère que ce sont des aliments qui sont « mauvais pour la santé » et que ce n’est pas bon pour les enfants!
  • Je mentionne souvent à mon enfant qu’il devrait manger tel ou tel aliment parce que c’est bon pour sa santé…

Impacts de ces approches

Oui, l’enfant fini par manger toute l’assiette ou tous ses légumes ou autres, donc on obtient ce que l’on veut, MAIS…!

Ce n’est pas sans conséquences à long terme :

  • Comment aimer un aliment que l’on nous OBLIGE à manger?
    Votre enfant pourrait développer une aversion pour l’aliment qu’il doit consommer coûte que coûte. Vous avez peut-être en tête des aliments que vous refusez de manger aujourd’hui parce que vous avez été obligé de les engloutir plus jeune. Pour ma part, les épinards bouillis, plus jamais!!!
  • La privation peut conduire à l’excès!
    Votre enfant pourrait avoir un attrait très présent pour les aliments qui ont été restreints ou qui lui ont été interdits tels que le dessert, les croustilles, les frites, les friandises, le chocolat, etc…
  • Apprendre à manger plus qu’à sa faim!
    Inciter votre enfant à manger le contenu entier de son assiette ou à prendre quelques bouchées de plus lorsqu’il vous dit qu’il n’a plus faim l’amène à manger au-delà de sa faim. Votre enfant risque de ne plus être en mesure de savoir quand il a faim et quand il n’a plus faim, donc de manger sans faim! Souhaitable? NON!

 Le style PERMISSIF

Style permissif

Contrairement au style autoritaire, peut-être êtes-vous davantage porté à imposer moins de règles à votre enfant en ce qui concerne l’alimentation.

  • « Qu’est-ce que tu aimerais manger mon cœur, maman va te le préparer? »
  • « Je n’aime pas ça papa! Ce n’est pas grave! Tu aimerais que je te fasse un bon sandwich? »
  • « Je t’ai préparé encore un plat de pâtes, je sais que tu adores ça! »
  • « Tu as encore faim? Viens te prendre une petite collation! »

Quelque part, vous craignez surement que votre enfant ne réponde pas à ses besoins nutritionnels, s’il ne mange pas. Vous êtes donc prêts à faire des pieds et des mains pour que votre enfant mange un petit quelque chose.

J’ai un penchant permissif si je me reconnais dans ces approches :

  • J’ai tendance à préparer les mets que mon enfant préfère aux repas. Les mêmes mets reviennent souvent. Cela évite d’avoir à argumenter avec lui pour qu’il mange.
  • J’ai l’habitude de servir ou préparer un autre mets pour mon enfant quand il n’aime pas ce que j’ai mis sur la table, car il doit manger.
  • Lorsque mon enfant dit avoir faim peu de temps après le repas, je lui offre quelque chose à manger. Il lui arrive parfois de prendre plusieurs petites collations entre les repas.

Impact de ce style

  • Comment goûter et apprendre à aimer un aliment s’il ne se retrouve jamais dans notre assiette?
    OUI, votre enfant mange, MAIS n’apprend pas à développer ses goûts pour divers aliments/saveurs/textures. L’enfant à qui l’on présente une variété restreinte d’aliments a peu d’occasions d’être en contact et d’apprendre à aimer une diversité d’aliments. Il peut devenir un jeune adulte que l’on surnommera « difficile » parce qu’il dira souvent qu’il n’aime pas tel ou tel aliment/mets. Les comportements alimentaires que votre enfant développera petit, le suivront à l’âge adulte. Ils serviront de base à ses habitudes alimentaires.

Le style DÉMOCRATIQUE … une solution à vos maux de tête!

Bébé heureux

Vous vous reconnaîtrez peut-être quelque part à mi-chemin entre les 2 styles précédemment cités. Vous laissez à votre enfant le choix de goûter ou non, il n’est pas obligé de terminer son assiette, vous lui servez son dessert que son assiette soit terminée ou non, le réfrigérateur et le garde-manger ne sont pas ouverts en tout temps, vous avez tendance à renforcer positivement les comportements que vous souhaitez voir revenir.

Vous utilisez parfois le type de phrases suivant :

  • Bravo! Tu as goûté au potage d’asperges! La prochaine fois ce sera peut-être plus facile d’en manger.
  • Tu n’as plus faim, c’est correct! Je ne voudrais pas que tu aies mal au ventre.
  • WOW! Tu es la championne utilisatrice d’ustensiles! Il n’y a presque pas de nourriture sur ton napperon!

Je suis démocratique si je me reconnais dans ces approches :

  • Je mets quand même des haricots dans ton assiette même si tu me dis que tu n’aimes pas ça. Peut-être est-ce que tu décideras d’en goûter un.
  • Tu ne veux pas goûter ta purée, ce n’est pas grave, tu as d’autres aliments dans ton assiette que tu peux manger.
  • Regarde la belle assiette colorée que j’ai préparée!
  • Voilà ton dessert. SI tu as encore faim après, tu pourras manger encore des aliments qui restent dans ton assiette.

Impact de ces approches

  • Laisser le choix à l’enfant de terminer ou non son assiette! Souhaité!
    Cela implique que votre enfant restera bien connecté avec ses signaux de faim et de satiété. Il sera capable de manger quand il a faim et d’arrêter de manger lorsqu’il n’a plus faim, peu importe le type d’aliment qui lui sera servi.
  • Toujours offrir le dessert même si le contenu de l’assiette n’est pas tout mangé. À faire!
    Votre enfant a la capacité de se garder une place pour le dessert. Il est saturé de la saveur salé et a gardé de l’espace dans son bedon pour manger un aliment sucré. Cette approche banalise le dessert. Il ne devient pas un aliment spécial, attirant, un but à atteindre, puisqu’il est un aliment comme un autre, qui sert à compléter le repas.
  • Laisser le choix de goûter ou non!
    Faites confiance à votre enfant! Votre enfant apprendra progressivement à découvrir et éventuellement à apprécier les aliments qui lui sont présentés. Forcer l’enfant à goûter un aliment ne lui rend pas service au contraire de ce que l’on peut penser. Cela est perçu comme une expérience négative avec cet aliment. Lorsque l’aliment ou chaque fois qu’un nouvel aliment reviendra dans l’assiette, l’enfant aura peur qu’on l’oblige à le manger. On risque alors de rencontrer beaucoup de résistance. Rappelons-nous que cela peut prendre de 5 à 20 expositions à un aliment/mets/texture avant que votre enfant accepte de mettre l’aliment dans sa bouche. Vous avez assurément en tête un aliment que vous n’aimiez pas plus jeune et que vous appréciez maintenant. Et si on vous avait forcé à le manger? Il faut donc être persévérant.
  • Une alimentation sans interdits, sans notion de bons/mauvais aliments!
    Pour développer une relation saine avec la nourriture votre enfant doit, entre autres, être en mesure de savoir qu’il peut manger de tout et que les aliments ne se classent pas en « bons » ou « mauvais » pour la santé! Il est essentiel de ne pas parler d’interdits, d’aliments à ne pas manger… Il est souhaitable que votre enfant mange parce qu’il trouve que les aliments sont bons, parce que ça lui donne du plaisir et non pas qu’il se demande s’il est correct de consommer tel ou tel types d’aliment et qu’il se sente coupable, comme beaucoup d’adultes, lorsqu’il consomme ces aliments.

Le style démocratique impose des règles claires à l’enfant tout en lui laissant de l’autonomie. Ce style appuie les comportements souhaitables de l’enfant par du renforcement positif. Le style démocratique est préconisé dans plusieurs types d’intervention, c’est d’ailleurs celui qui est utilisé en éducation avec vos enfants dans les services de garde.

À vous de jouer!

Cet article a été élaboré à partir de contenu développé par Extenso, le Centre de référence sur la nutrition  de l’Université de Montréal, avec la collaboration de l’équipe du projet « À nos marmites: 1, 2, 3… Santé! ».


Visitez le blogue