Qui dit nouvelle année, dit souvent résolution de « perte de poids »

Par Weena Beaulieu, Dt.P.
Diététiste-Nutritionniste

pas_de_diète_équilibre.caUne nouvelle année commence.
Qui dit nouvelle année, dit souvent résolution de « perte de poids ».

L’année débute avec toute cette énergie nouvelle qui donne à plusieurs une motivation supérieure. Une des résolutions les plus populaires est « perdre du poids ».  C’est bien évident, pour plusieurs, après la période des fêtes, remplie de copieux repas bien arrosés et de friandises sucrées, apparaît de la culpabilité. Alors pourquoi ne pas se priver après cette période festive pour éviter les remords?

La réponse est plutôt simple et on l’oublie souvent d’une année à l’autre: Parce que notre motivation s’égrainera au fur et à mesure que les frustrations liées aux privations alimentaires augmenteront,  parce que notre corps réagit très mal à cette privation de nourriture et parce que la privation conduit inévitablement à l’excès

Vous souhaitez prendre UNE résolution?
Prenez celle d’ÉquiLibre, bien imagée sur la photo ci-contre: Ne plus faire de diète!

Il est vrai que l’on obtient des résultats rapidement en se privant, en suivant la dernière diète à la mode, en s’entraînant à fond sur notre nouvel appareil acheté au « boxing day », mais je vous assure que les kilos perdus seront rapidement retrouvés d’ici la fin l’année. Ce n’est pas par manque de volonté, mais parce que c’est une façon beaucoup trop drastique de souhaiter perdre du poids. On souhaite, en quelques semaines, perdre du poids que nous avons mis plusieurs années à accumuler ou pire encore perdre du poids que nous n’avons pas à perdre. 

Saviez-vous que la culpabilité « après temps des fêtes » est l’un des facteurs les plus lucratifs pour l’industrie du conditionnement physique et de la perte de poids? On nous bombarde de publicités, parce qu’on sait que ce sera payant. En effet, les canadiens prennent des résolutions en début d’année et dépensent des millions de dollars  d’équipements de tout genre pour faire du sport.

Personnellement, je ne prends jamais de résolution en début d’année, car il n’existe pas de moments précis pour en prendre. Ce n’est pas que je n’ai rien à modifier dans ma vie ou dans mes habitudes (au contraire diraient certains!), mais je le ferai quand  j’aurai un désir profond de changer les choses, bref quand je serai prête et non pas parce que c’est le 1er janvier de l’année ou parce que d’autres le font.

Prendre le contrôle, vraiment?

Perdre du poids ne doit pas être synonyme de privation et de contrôle. Beaucoup de gens croient qu’en reprenant le « contrôle » de leur alimentation, tout ira bien et qu’ils perdront du poids. C’est vrai, on perd du poids rapidement pendant quelque temps et oups! on flanche et c’est normal. Qui pourrait s’empêcher de manger toute sa vie des desserts, des pâtes, du pain, des plats en sauce à la crème, du beurre, etc. Qui peut dire qu’il a du plaisir à faire ça? Vous? Je n’y crois pas.

C’est assez simple, plus on se prive, plus on prend le « contrôle » de son assiette, plus on aura tendance à perdre le contrôle. On ne mange pas seulement avec notre tête, on mange avec tous nos sens, avec notre corps pour que l’acte naturel de manger soit un plaisir. Les diètes ou les régimes vont à l’encontre de ce principe.

Posez-vous la question suivante: « La démarche que je suis en train de faire pour perdre du poids, est-ce que je serais prêt à la faire tout le temps (tout le temps, comme dans tous les jours de ma vie!)?  Si la réponse est « Non » ou « Jamais de la vie », c’est le temps d’y mettre fin. Ce ne sera aucunement une démarche qui donnera des résultats durables dans le temps.

Maintenant que vous avez lu tout ça, vous vous dites surement : « C’est bien beau, mais qu’est-ce que je peux faire? »
Vous trouverez ci-dessous des pistes de solutions pour entreprendre une réflexion et possiblement une démarche pour redevenir un mangeur intuitif. Je vous réfère aussi, à la fin de l’article, à quelques ouvrages intéressants qui pourront vous aider à ce sujet. Je vous invite aussi à visionner le vidéo suivant : Régime, maigrir ou maintenir: Mythe ou réalité? Je sais, le vidéo dure 15 minutes, mais prenez le temps de l’écouter, vous comprendrez mieux l’essence de mon message.

Écouter son corps pour une démarche durable

La clé d’une démarche durable est de retrouver l’écoute de son corps pour recommencer à manger avec son corps, intuitivement, et non avec sa tête. Mon corps sait exactement la quantité de nourriture dont il a besoin.

Pour beaucoup d’entre nous, l’écoute et le respect des signaux de faim et de satiété s’est perdue avec les années. Quelques interventions, souvent contraignantes, de la part de nos parents bien intentionnés, soit pour terminer l’assiette avant de sortir de table ou pour avoir le dessert, nous ont conduit à ne plus savoir quand on a réellement faim et à ne plus savoir quand c’est le moment de s’arrêter de manger, c’est à dire quand on a plus faim.  Nos enfants ont cette capacité innée d’être à l’écoute de leur bedon et de manger à leur faim selon leurs besoins, un cadeau de la nature que nous devons leur laisser et nous devrions prendre exemple sur eux.

Retrouver la communication avec nos signaux de faim et de satiété en mangeant lentement.
Notre rythme de vie nous impose la vitesse et celle-ci perdure jusque dans l’assiette.

Prenez le temps de mastiquer. Bien mastiquer les aliments impose de manger plus lentement et de savourer.
Déposez les armes (vos ustensiles!) à l’occasion si vous avez de la difficulté à ralentir le rythme.
Posez-vous souvent la question:  « Est-ce que je ressens encore la faim? »  Les aliments deviennent moins savoureux au fur et à mesure que l’on approche de la satiété.
Acceptez de laisser de la nourriture dans l’assiette. Quand on a plus faim, on arrête de manger avant de sentir notre estomac qui se distend.

Écouter ses signaux de faim et de satiété pour:

  • Retrouver le plaisir de manger, sans privation, avec ses sens et non seulement avec sa tête;
  • Manger seulement lorsque l’on a faim et être en mesure de s’arrêter lorsque l’on a plus faim;
  • Se sentir bien après les repas et ne pas avoir l’inconfort d’avoir l’estomac trop « rempli »;
  • Faire des changements durables dans sa façon de consommer les aliments;
  • Être un exemple pour nos enfants.

 Je sais que le sujet principal du blogue est l’alimentation des enfants, mais je trouvais important d’en parler en ce début d’année, particulièrement parce que nos comportements et nos gestes ont des impacts sur nos enfants qui sont de véritables petites éponges. Maman se prive de dessert et exprime sa culpabilité lorsqu’elle flanche? Lili croira que le gâteau et le chocolat, etc. font prendre du poids, n’osera pas en manger en présence de maman et se sentira probablement elle-même coupable lorsqu’elle en consommera. Elle pourrait aussi croire que c’est normal d’être à la diète et voudra faire comme maman qui est son modèle. Papa s’époumone sur le tapis roulant depuis le temps des fêtes pour perdre sa bedaine et s’y rend en grognant parce qu’il n’en a pas envie? Léo pourra croire que l’exercice c’est fait pour perdre du poids et que ce n’est pas si agréable et plaisant de bouger.  Ce n’est pas, je crois, ce que vous souhaitez.

Je vous suggère quelques ouvrages que j’apprécie beaucoup et qui sauront vous aider dans votre compréhension des raisons pour lesquelles les diètes ça ne fonctionne pas et vous guider dans la démarche.

 Je vous invite à consulter une diététiste/nutritionniste professionnelle qui pourra vous aider dans votre démarche. Je ne doute pas que vous puissiez y arriver seul, mais recevoir de l’aide et discuter avec quelqu’un de nos questions et appréhensions est souvent très aidant si vous en ressentez le besoin. 

Bonne année 2015!
Santé et petits bonheurs.