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Pâques et sa montagne de chocolat!

Par Geneviève Rioux, Dt.P.
Diététiste-nutritionniste
Lorsque l'on pense à Pâques, le chocolat n'est jamais bien loin! Des poussins, un gigantesque lapin, un chat, un pirate, des supers héros 
ou une belle princesse, l'industrie nous offre des chocolats plus attrayants les uns que les autres pour répondre aux préférences de nos 
tous petits (et même des nôtres). Pâques et le chocolat, ça fait partie de notre culture, tout comme les bonbons lors de l'Halloween. 

Il n’y a pas de recommandation précise concernant l’introduction du chocolat dans l’alimentation des enfants. Par contre, comme il ne s’agit pas d’un aliment très nutritif, il n’est pas nécessaire d’en offrir le plus tôt possible. De plus, plus les aliments sucrés, salés et gras sont introduits tôt et consommés régulièrement en jeune âge, plus l’enfant développera son goût pour ces aliments et saveurs et en redemandera.

easter-bunny-7947_960_720Le 1er anniversaire est souvent un moment propice à la découverte d’aliments sucrés par le biais du gâteau d’anniversaire. C’est souvent à partir de ce moment que ces aliments sont offerts plus régulièrement à l’enfant. Ne vous méprenez pas! Il n’y a rien de mal à offrir du chocolat ou un autre aliment sucré à un enfant qui n’a pas 1 an ou même après cet âge, mais l’accent devrait être mis davantage sur les aliments de base afin de favoriser le développement du goût pour des aliments plus nutritifs.

En fait, tous les aliments, y compris le chocolat, font partie d’une alimentation saine.
Par contre, comme il s’agit d’un aliment qui contient plus de sucre et de gras, celui-ci devrait être offerts moins souvent et en moins grande quantité que des aliments qui sont plus nutritifs, comme les fruits, le yogourt, le fromage ou les muffins maison.

Comme mentionné précédemment, tous les aliments sont inclus dans la vision d’une saine alimentation, mais sont offerts selon une fréquence et des quantité différentes. Serait-il préférable de cacher, de donner ou de jeter les restes de chocolat? Certainement pas!. Plus on interdit ou on rend inaccessible un aliment, plus le désir et l’attrait pour ce dernier sera grand. De plus, l’impact à long terme des interdits alimentaires peut se traduire par des compulsions, de la culpabilité et l’absence de plaisir à manger. Par conséquent, pour favoriser le développement et le maintien d’une relation saine avec tous les aliments, rangez le chocolat à un endroit accessible et connu par l’enfant, sans qu’il soit visible en tout temps (ex. le chocolat est placé dans le garde-manger plutôt que dans un bol sur le comptoir ou sur la table du salon). D’un autre côté, des aliments plus nutritifs, par exemple les fruits, pourraient être placés dans un bol sur le comptoir de la cuisine afin d’être visibles et ainsi maximiser leur consommation. Cela aide l’enfant à comprendre que même si des aliments moins nutritifs sont accessibles en tout temps, on n’en mange pas tous les jours.

Comme parchocolate-eggs-2117502_960_720ent, vous avez le rôle de déterminer avec votre enfant la fréquence et la quantité de chocolat qui lui est offerte. Par exemple, vous pourriez lui dire qu’il peut en avoir 2 fois durant la semaine. Attention aussi de ne pas utiliser le chocolat (ou tout autre aliment) comme récompense! Vous pourriez prévoir avec lui des moments agréables pour le consommer sous différentes formes. Par exemple, vous pourriez, avec votre enfant:

 

  1. Planifier au menu de la fin de semaine suivante une fondue au chocolat avec une montagne de fruits;
  2. Concasser les chocolats en petits morceaux et remplir des pots massons avec d’un mélange sec de préparation à biscuits ou à muffins maison qui pourront être cuisinés au fils des semaines pour les collations ou les desserts;
  3. Planifier de cuisiner des muffins aux bananes et au chocolat durant la semaine;
  4. Laisser aller votre imagination! 

 

Rappelez-vous !
Le plaisir et l’absence d’interdits sont des éléments essentiels au développement
d’une relation saine avec tous les aliments.

Pourquoi ne pas profiter de la bonne saveur du chocolat au maximum? Nous avons tendance à manger très rapidement, sans vraiment prendre le temps d’apprécier les aliments à leur juste valeur. De plus, manger vite nuit à l’écoute des signaux de faim et de satiété. Par conséquent, comme la satiété prend du temps à se faire sentir (sentiment d’être rassasié, d’avoir suffisamment mangé), plus on mange rapidement, plus on a tendance à manger au-delà des besoins de notre corps.

Voici un petit exercice à faire avec le chocolat pour aider votre enfant (et vous-même) à prendre le temps de manger en toute conscience.

  1. Asseyez-vous ensemble dans un environnement calme et sans distractions (idéalementwoman-674977_640 à table, sans radio, ni tablette, ni cellulaire, ni télévision, ni jouets…).
  2. Prenez chacun un morceau de chocolat et mettez-le dans votre bouche sans le croquer.
  3. Laissez le chocolat fondre dans votre bouche pour profiter de toute sa saveur le plus longtemps possible.

Vous réaliserez sans doute que vous n’avez jamais autant savouré le goût du chocolat. De plus, vous n’aurez probablement pas le goût d’en dévorer une grande quantité. Une toute petite portion, savourée à son maximum, saura satisfaire vos papilles et votre cerveau.

Pourquoi en pas intégrer ces nouvelles habitudes au quotidien avec tous les autres aliments
(manger en famille, lentement et sans distraction) ?

Évitez de donner du chocolat à votre enfant le soir. Le chocolat contient de la caféine et de la théobromine. Ces deux composantes sont des stimulants du système nerveux, ce qui peut rendre le moment du dodo plus difficile. De plus, la qualité de son sommeil peut être affectée puisque les enfants éliminent la caféines moins rapidement que les adultes.