Young boy holding broccoli and burger

Doit-on interdire certains aliments aux enfants ?

Par Mélanie Morin, Diététiste/Nutritionniste

 

  • Miam! Miam! Un beau gâteau triple chocolat sur le comptoir!
  • Oh! Un sac de croustilles sur le bureau!
  • Ah! Vive Halloween pour ces tonnes de friandises récoltées en cognant aux portes!
  • Yeah! Une visite chez papie et mamie, là où le fameux pot à bonbons n’est toujours pas très loin de la table!

Voilà quelques petites exclamations enthousiastes souvent utilisées chez les enfants. Ces aliments devenus diabolisés par les sociétés actuelles sont-ils aussi nocifs pour la santé de nos tout-petits que prétendus?

Avez-vous déjà remarqué que votre enfant fait souvent le contraire de ce que vous lui demandez?

  • Mange tes légumes! Le résultat sera probablement à l’inverse; une aversion pour ces aliments si l’enfant ne se sentait pas encore prêt à découvrir ce mystère coloré dans son assiette.
  • Non! Pas de dessert sucré pour toi mon coeur! Ce n’est pas bon pour les enfants! Encore une fois, le résultat sera probablement l’opposé de celui escompté, puisque l’enfant se concentrera sur l’aliment qui lui est interdit et non sur les autres aliments proposés.


L’attrait de l’interdit

Les aliments interdits englobent tous les aliments qui sont restreints à l’enfant sans aucune raison valable alors que les autres les dégustent. Les aliments fréquemment jugés «mauvais» pour la santé des enfants sont souvent les aliments sucrés tels le chocolat, les friandises, les biscuits, les pâtisseries, etc… ainsi que les aliments riches en matières grasses comme les aliments frits, les croustilles, etc…

Ce n’est pas déguster un morceau de gâteau au chocolat  ou encore manger quelques frites occasionnellement qui nous rendent malades. À l’inverse, manger de très grandes quantités de légumes en restreignant les apports en d’autres aliments n’amèneront pas non plus une santé de béton!
Alors, souvenez-vous qu’aucun aliment ne garantit la santé de même qu’aucun aliment ne compromet à lui seul la santé. Tout est question de quantité et de fréquence d’exposition.

D’autre part, même si l’interdiction de certains aliments provient d’une bonne volonté de saines habitudes alimentaires, l’impact réel sur le comportement alimentaire de l’enfant est souvent à l’opposé de celui souhaité. Limiter l’accessibilité de certains aliments aux enfants rend l’aliment beaucoup plus spécial et beaucoup plus attirant à leurs yeux! En fait, lorsque l’enfant aura l’occasion de manger de ces aliments habituellement interdits, il risque de surconsommer ces derniers par crainte que ce ne soit sa dernière chance d’y goûter. L’enfant peut également se cacher avec l’aliment interdit et décider de s’empiffrer jusqu’à malaises physiques…ce qui n’est vraiment pas souhaité comme comportement alimentaire.  Surtout, n’oubliez jamais que les interdits alimentent les désirs chez l’être humain!

À l’inverse, permettre à un enfant de manger des gâteries à l’occasion le rassure. Ceci lui confirme qu’il n’a pas besoin de faire de réserve, car il pourra déguster l’aliment à nouveau éventuellement. Bref, cela aide également à prévenir l’exagération et favorise une relation saine avec les aliments.
Souvenez-vous que l’enfant doit, tout comme vous, avoir le droit de manger de tous les aliments qui se retrouvent sur la table.


Il n’y pas de bons et de mauvais aliments!

 

Alors, amusez-vous avec vos enfants et déguster avec eux une variété d’aliments les uns plus plaisants que les autres!