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Préservons la joie de l’halloween et de manger des bonbons!

Par
Weena Beaulieu, Dt.P.
Diététiste-Nutritionniste

L’Halloween sera toujours une occasion où les enfants mangent des bonbons. À un anniversaire, on mange du gâteau, à l’Halloween on mange des bonbons. C’est culturel, ça arrive une fois pas année, ça ne fait pas de mal. Ne ruinons pas ce moment joyeux pour les enfants en ayant une trop grande préoccupation par le sucre consommé par nos tout-petits. Préservons la joie de l’Halloween et de manger des bonbons. 

On se prépare à la tournée

Chez moi, ma fille a commencé la cueillette d’Halloween elle avait 3 ou 4  ans (ma plus jeune a 19 mois et ce ne sera pas pour cette année). Ma grande a porté un déguisement, tous les ans, depuis son premier Halloween, mais pour les bonbons, ça pouvait attendre. D’ailleurs, avant cet âge, elle ne comprenait pas toute l’euphorie qui entoure cette dernière journée d’octobre. L’idée était de faire la tournée pour elle et non pour « me » ramasser des bonbons.

Avant de partir,  on choisit le sac, un petit sac, pour faire la tournée ensemble et quand il est plein, c’est terminé, on rentre à la maison.

Plus votre enfant ne voit pas les bonbons comme des aliments interdits, moins il ressentira le besoin de choisir un immense sac pour sa tournée. Il sait qu’à d’autres moments de l’année, il pourra manger des bonbons lorsqu’ils seront disponibles ou à quelques reprises lorsqu’il demandera d’en acheter.

La gestion de la cueillette au retour à la maison

Au retour à la maison, ma grande étale ses bonbons et, les yeux pétillants, fait état de se cueillette. Elle s’amuse à séparer les chocolats, les gommes, les petits sacs de croustilles.. Cela permet aussi  de trier les bonbons (bonbons à risque d’étouffement pour les enfants plus petits et ceux dont l’emballage est brisé) et de lui expliquer les raisons pour lesquelles on doit les retirer de son butin.

Jamais, pendant ou après la cueillette,  je  lui mentionne; « C’est des cochonneries », « Les bonbons c’est mauvais pour la santé », « ¨Ça va te donner des caries », « Je vais t’en donner quelques uns  et je vais cacher le reste, il ne faut pas trop en manger ». Elle n’a pas à se sentir coupable de manger ses friandises. Un bonbon, c’est bon, le nom le dit et elle les mange pour cette raison.  « Je me souviens, l’an passé, j’en ai eu des comme ça », « Regarde maman, c’est le sac que la madame gentille m’a donné », « Ceux-là, je les aime »! Qui aurait envie de gâcher ce moment joyeux par quelques propos culpabilisants!

Gérer les quantités de bonbons mangées ou non?

Le soir de sa cueillette ma fille en mange, jusqu’à ce qu’elle décide que c’est assez. Elle est alors saturée de la saveur sucrée. Hop! un petit verre de lait pour « désucrer » et ajouter des éléments nutritifs à ce festin de friandises.  Si la cueillette se passe avant le souper, elle choisit quelques bonbons au retour et  elle est assurée qu’elle pourra y retourner au moment du dessert. Peur qu’elle en mange à se rendre malade? Jamais! Je lui fais confiance et je sais qu’elle arrêtera quand elle sera saturée. Tout comme elle le fait avec n’importe quel autre aliment qu’elle mange.

Et ensuite, on range le reste des  bonbons jusqu’à l’an prochain?

Chez moi, ils restent sur le comptoir dans une boîte métallique ou un contenant de plastique, à la vue, non cachés. Ils sont là, ils existent, et ma fille a appris à gérer leur consommation. Et oui, la gestion des bonbons est aussi un élément d’apprentissage (on n’en mange pas n’importe et on peut les partager). On leur apprend que les bonbons sont des aliments qui ne donnent pas beaucoup d’énergie (on dit ça plutôt que de dire qu’ils sont mauvais ou que c’est des cochonneries), alors qu’ils ne peuvent pas faire partie de notre alimentation tous les jours pendant longtemps, mais que l’on a le droit d’en manger.

Qu’est-ce que je fais lorsqu’elle veut des bonbons les jours suivants?

Les jours suivants la cueillette, si elle en demande,  je les offre au dessert ou à la collation avec d’autres aliments nutritifs, donc pas à n’importe quel moment de la journée. Elle en choisit un ou deux, qu’elle mange et elle se tourne vers les autres aliments offerts si elle a encore faim.  Ces demandes durent environ 4 à 5 jours, ensuite elle les oublient et parfois pour très longtemps. Pourtant, ils sont là, à la vue, disponibles. C’est probablement pour cette raison qu’elle les oublient, parce qu’elle sait qu’elle n’en est pas privée, qu’elle pourra en avoir à un moment ou un autre lorsqu’elle le souhaitera.

En terminant, le sucre excite-il les enfants?

Non, le sucre n’est pas responsable de l’excitation des enfants. Plus de 12 études solides l’ont clairement démontré.  Le principal responsable est davantage le moment ou l’environnement où sont consommés les aliments sucrés; chez les grand-parents, à un anniversaire, etc. et bien entendu le soir ou la journée de l’Halloween. Demain soir, vos enfants ne seront probablement pas « tenables » et le grand responsable sera l’Halloween, l’occasion en elle-même et non les sucreries qu’ils auront consommées. Ce mythe est tellement bien ancré que c’est notre perception par rapport aux enfants qui consomment le sucre qui est faussée. « Il a tellement mangé de sucre, il ne tiendra pas en place tout à l’heure » On donne presque la permission à nos enfants de devenir de véritables monstres lorsqu’ils mangent des aliments sucrés, on s’attend à cela. Alors chers parents, le sucre n’excite pas vos enfants, c’est un mythe, qu’on se le dise!

Chez moi, c’est comme ça que je préserve la joie de l’Halloween et de manger des bonbons. Chez vous, que faites-vous?

Sur ce, je vous souhaite une excellente cueillette avec vos tout-petits, amusez-vous bien!

C’est cette semaine, en lisant un article sur le site web d’Ellyn Satter, Diététiste-Nutritionniste américaine,  que j’ai eu envie de vous parler de la gestion des sucreries à l’Haloween. Je me suis rapidement rendu compte que mon approche rencontrait la  sienne en ce qui concerne les bonbons d’Halloween. Je tenais à vous le partager. Vous pouvez retrouver l’article (en anglais) en suivant le lien suivant: http://ellynsatterinstitute.org/fmf/fmf30english.php.